24 heures dans ma vie en Start-Up !

Holà todos ! Des milliers de start-up en France, des milliers d’étudiants qui rêvent d’y travailler … et moi, et moi, et moi! Pour valider ma 3ème année en communication, j’ai décidé d’axer ma recherche de stage
dans cette direction ; alléluia, j’ai trouvé ma licorne à moi, une start-up spécialisée dans la food (la cuisine, c’est ma passion) où j’officie comme Community Manager ! Sauf que la réalité de la start-up est bien plus sportive, contraignante et rigoureuse que l’idée qu’on s’en fait généralement. Bref, chers lecteurs, que vous soyez juste curieux, futurs ESPiens ou désireux de fonder une de ces néo-entreprises 2.0, laissez-moi vous emmener passer 24 heures dans cet univers : le voyage vaut le détour et vous permettra de mieux cerner ce qu’implique de travailler en licorne !

9h25 – L’ARRIVÉE

Passons sur le réveil en catastrophe, l’habillage minute avec une tasse de café dans une main, le mascara dans l’autre, la course pour attraper un métro qui risque d’être en retard, le tout avec du hip-hop à fond dans le casque : c’est un grand classique. Venons-en à l’arrivée au travail, point clé de ma journée. Vite, vite, vite, je monte les marches quatre à quatre, je pénètre dans l’open space, et là, … je réalise qu’il va falloir que je trouve une place. Eh oui ! Le côté sympa de la start-up, c’est qu’on essaie différentes configurations dans l’orga de l’espace de travail.

La dernière mise en place, c’est le « flex-office » : pas de place attitrée, chacun se met où il veut, chaque matin on trouve un nouveau spot, chaque soir on remballe ses affaires pour laisser les bureaux disponibles pour ceux qui arriveront les premiers le lendemain. – Donc une fois que j’entre dans l’open space, c’est la chasse à la meilleure place. Yes ! Coup de chance, Pauline est arrivée juste avant moi et m’a gardé une place à côté d’elle. Pauline, souvenez-vous de son nom, vous entendrez à nouveau parler d’elle, elle fait son stage de fin d’études dans la même start-up que moi, nous sommes devenues inséparables.

9h30 – LA RÉUNION

C’est bon, je suis installée ! Entre temps tout le monde est arrivé, ou presque : on se met tous debout et là chacun son tour, on explique en quatre points ce qu’on a fait la semaine dernière et ce qu’on compte faire cette semaine. En plein milieu du tour, Julien passe le pas de la porte, personne ne fait attention à lui, mais lui sait que Marine l’a vu arriver et qu’elle ne le laissera pas s’exprimer ; c’est la « punition » quand on arrive en retard, on n’a pas droit à la parole, alors on reste en retrait et on écoute le reste de l’équipe.

9h50 – AU TRAVAIL 1

La réunion terminée, chacun réintègre sa place et se met à travailler. Je suis le CM de l’entreprise, aussi mon premier réflexe est d’aller sur nos réseaux sociaux afin de répondre aux commentaires et aux messages reçus. Caro, ma maître de stage vient me voir : « Salut Capu, je t’ai forward un mail, on a un jeu concours à mettre en place avec un de nos commerçants, faut que tu prépares un visuel + le texte et que tu leur envoies pour validation, on le lance jeudi ! Ah, et il faut aussi que tu sélectionnes les gagnants de notre dernier jeu concours avec le traiteur italien.»

Pas de soucis je m’occupe de tout ça, je prépare un visuel pour le jeu, je l’envoie à validation à notre partenaire et en parallèle je contacte les deux lauréats de l’autre concours pour leur annoncer qu’ils ont gagné une super planche apéro et je leur demande quand ils souhaitent être livrés. Et là, première galère : la gagnante me dit qu’elle souhaite être livrée samedi soir, sauf que quand je réussis enfin à joindre le commerçant pour organiser la livraison, il m’annonce qu’ils n’ont plus de saucisson et qu’il faut attendre le prochain réassort. Aaaargh ! Il va falloir que je l’annonce à la gagnante qui va forcément être déçue et gentiment me houspiller. C’est aussi ça les joies de la start-up : s’adapter aux coups du sort et gérer les impondérables.

10h25 – AU TRAVAIL 2

Bon, je me fais un petit récap’, répondre aux messages et aux commentaires : fait, préparer le futur jeu concours : fait, joindre les gagnants du dernier jeu concours : fait. OK, maintenant faut que je prépare les publications de la semaine, donc je me remémore les différents événements : rien de prévu en particulier. Je me dis : d’accord, alors pourquoi ne pas mettre en avant la raclette cette semaine ? C’est la fin de l’hiver, autant en profiter. Parce que c’est aussi ça la start-up, la réactivité et l’instinct, on fait beaucoup de choses au feeling, on agit un peu au jour le jour, au grès des idées et des envies.

Du coup, je me lance, je cherche des photos de raclette. D’abord dans notre base de données : rien. Puis sur les banques d’images libres de droits : ok, rien ou alors c’est moche… Oh ! si je viens d’en trouver une, elle est top, c’est elle que je veux ! Aaaargh ! Elle est payante, je tente de faire les yeux doux ma supérieure pour l’acheter, elle ne veut rien savoir : « T’as qu’à te faire une raclette ce soir et tu prends des photos ». Eh oui, parmi les contraintes de la start-up il faut inscrire l’anorexie budgétaire … du coup on fait tout soi-même. Parfois, c’est rigolo, on organise des petits shootings pour mettre en avant des produits, pour lancer des campagnes, mais ça l’est un peu moins.

11h30 – PAUSE CLOPE

Pauline : « Capuuuuu, pause clope ! Tu viens ? » Moi : «Désolée, ma Paupau, j’ai beaucoup trop de boulot, je dois organiser un shooting chez moi, solo, ce soir et préparer toutes les publications de la semaine. Puis, je te rappelle que je veux arrêter de fumer. Allez-y sans moi. » Alors là, soyez attentifs : si vous voulez rester concentré ou arrêter de fumer, n’allez pas dans une start-up. Entre les personnes qui parlent beaucoup trop fort quand elles sont au téléphone et celles qui viennent proposer d’aller fumer une clope toutes les trente minutes, rester focus sur son travail n’est pas toujours une mince affaire. Mais on finit par s’y faire, je vous le jure. En attendant, je me remets au travail.

12h30/13h00 – LUNCHTIME 

Les ventres commencent à gargouiller (surtout le mien en fait, parce que je viens de passer la dernière heure à visionner des photos de toutes sortes de plats, plus appétissants les uns que les autres, pour alimenter
notre compte Instagram) ; les groupes se forment pour sortir acheter à manger, puis tout le monde se retrouve dans la pièce qui sert à la fois de salle de réunion, de salle à manger et de salon détente. Parce que oui, nos bureaux sont situés dans un appartement et qu’on n’a pas les moyens d’avoir un réfectoire ; mais ça fait son petit charme je vous assure, surtout quand on a rendez-vous à 14h30 et que le client nous fait remarquer qu’on a certainement dû manger thaï ce midi.

Le midi, l’ambiance est conviviale, on a tous à peu près le même âge, on se marre, Paul nous raconte sa dernière cuite, celle où il s’est retrouvé nez-à-nez avec un de nos partenaires, qui était dans le même état que lui. On parle des prochains voyages qu’on rêve de faire alors qu’on sait très bien que le prochain endroit où on va aller, c’est dans la maison de famille en Bretagne parce que ça coûtera moins cher, et tant pis si il pleut un jour sur deux, de toute manière, on n’a pas les moyens de s’offrir plus.

14h00 – L’INTERVIEW

Repas bouclé, c’est la reprise. Oh non, j’avais complètement oublié que je dois aller interviewer une de nos commerçantes pour le blog, et bien sûr, mon iPhone n’a plus de batterie, vite je harcèle tous mes collègues pour trouver une batterie portable. C’est bon, Hugo me prête la sienne. Je récupère mon carnet où se trouvent les questions à poser, je checke l’adresse du commerçant et je pars prendre le métro. Une fois arrivée dans l’épicerie fine, je me présente « Bonjour, Capucine, on s’est parlé au téléphone hier soir, je suis une collègue de Thibault, je viens pour l’interview ».

On commence à discuter, je lui fais des éloges sur sa boutique, comme quoi je suis ravie de la rencontrer après avoir tant communiqué à son sujet, puis je lui dit qu’on va enfin pouvoir commencer l’interview et qu’il sera filmé. D’un air moqueur, la gérante me fait remarquer que je n’ai pas de caméra. Je lui montre alors mon iPhone (start-up = système D, ne l’oublions pas) ! L’interview bouclée, la commerçante m’interroge sur mon poste au sein de l’entreprise, elle me pose 300 questions pour que je la conseille dans la gestion de ses réseaux sociaux. Je réalise alors que je perds un temps précieux, je dois vite rentrer faire le montage de mes différents interviews. Je la remercie et pars prendre le métro, toujours en courant.

16h15 – LE MONTAGE

Une fois de retour dans l’open space, je commence mon montage, tout à fait consciente que je ne maîtrise pas du tout les logiciels ; mais je me suis proposée pour réaliser cette mission alors je fais de mon mieux. Après deux heures de montage, je suis fière de moi, j’ai trois vidéos de trente secondes, mettant en avant trois de nos commerçantes. Je les montre à ma supérieure et à certains collègues pour avoir leur avis. On m’applaudit, j’ai fait un super travail, mais (parce qu’il y a toujours un mais), je dois changer tel et tel truc, et aussi ça et ça. Bref, je comprends qu’il me reste encore beaucoup, beaucoup de travail.

Je fais les yeux doux à mon collègue, un ancien Youtubeur, qui aurait peut-être du temps pour m’aider un peu pour peaufiner le montage de mes vidéos, s’il te plaît ? Aaaargh, il est charrette, il va falloir que j’attende un peu, sauf que moi je ne peux pas attendre, les vidéos doivent impérativement être postées demain matin à la première heure… Il est 18h30, Hugo vient me voir : « Humm, Capu, il faudrait que tu me fasses un post sur untel et que tu me corriges mon dernier catalogue, please ». Un conseil : si vous entrez en start-up, ne dévoilez pas trop tous vos talents. Même si on vous embauche pour un poste bien précis, vous serez amené à faire des choses bien différentes ; perso je suis devenue la correctrice de tous nos catalogues produits et croyez-moi, ça n’est pas la tâche la plus rapide à effectuer.

19h00 – DÉPRIME … ET APÉRO !

Je regarde ma montre, il est 19h00, je n’ai toujours pas fini le montage de ma vidéo. Bon il va falloir prioriser : je remets à demain la correction du catalogue, sachant pertinemment que je ne pourrais pas tout faire aujourd’hui. Je déprime, c’est bon, je sais que ma journée est loin d’être terminée, pourtant il est déjà 19h, je devais être partie depuis 30 minutes à en croire ce qui est écrit sur ma convention de stage, mais bon tant pis, je me dis… « C’est ça l’esprit start-up, on ne compte pas ses heures ». Hugo entre alors dans la pièce avec un grand sourire et crie « Apérooooo ! », il sort de chez notre nouveau traiteur Italien, ce dernier lui a offert quelques produits pour qu’on puisse les goûter.

Je regarde mon ordinateur, à la fois dépitée, parce que je sais qu’il me reste du pain sur la planche, mais tout de même en souriant parce que je réalise que c’est aussi pour ça que j’aime mon travail. On est sous pression toute la journée, on a du travail à n’en plus finir mais finalement on est tous plus ou moins potes et on sait se faire plaisir, profiter des avantages d’une entreprise en laquelle on croit dur comme fer et dont on est persuadé qu’elle perdurera. Cette start-up, c’est finalement notre licorne à nous quinze, on se bat corps et âme pour la faire connaître, pour la faire fonctionner : ça vaut bien une folle journée, non ?

Capucine MACÉ – Bachelor 3eme année – Stratégie Marketing – 2017-2018