Codage écolo : des gestes pour un internet propre ?

L’informatique représente aujourd’hui 10% de la consommation électrique mondiale. Savez-vous ce que cela représente réellement, concrètement ? Envoyer un mail revient à laisser une ampoule basse consommation allumée pendant une heure. Vous y voyez plus clair maintenant ? Selon l’Ademe, le numérique pomperait actuellement 10 % de la production électrique mondiale. Un chiffre doublé d’ici 2025. C’est énorme … et alarmant. On parle désormais de pollution numérique. Invisible, on n’en a guère conscience, elle est pourtant là, omniprésente, liée à nos usages digitaux quotidiens. Il faut réagir. Avec par exemple, le codage écolo.

Codage écolo vs gaspillage numérique

C’est que le numérique est devenu indispensable, il fait partie de notre quotidien, nous l’utilisons pour tout : écouter de la musique, regarder des programmes en replay ou en streaming, stocker nos milliers de photos dans un cloud, discuter par tchat vidéo/audio, surfer sur les réseaux sociaux ... ce qui engendre, outre la consommation d’électricité nécessaire au fonctionnement des machines, une surmultiplication de données stockées dans des Data centers. A ce jour, nous en comptons 190 rien qu’en France plus de 7500 dans le monde … et ça n’en finit pas d’augmenter, avec là aussi une surchauffe en matière d’énergie.

Une partie de la communauté du web a compris l’urgence de la situation, l’impérative nécessité de changer nos habitudes et de réduire le poids d’Internet. Des développeurs, des experts du développement durable, des internautes sensibles à la cause se sont donc réunis pour créer une association et mettre en place un « Green Code ». Le but ? Créer un référentiel ayant pour objectif de centraliser les bonnes pratiques d’éco-conception Web. La solution est gratuite, ouverte à tous et tout le monde peut y participer en ajoutant/corrigeant des bonnes pratiques.

Aller à l’essentiel

Entreprises et développeurs sont concernés. Il s’agit de façonner applications et services numériques en tenant compte de ces critères d’impacts environnementaux, avec pour finalité d’en diminuer les impacts tout au long de leur cycle de vie. Un label a d’ailleurs été créé par l’association Green Code Lab pour certifier le niveau de conception d’un logiciel. Le principe fondamental de cette démarche : il faut aller à l’essentiel ! En voici quelques exemples.

  • Première option : supprimer des fichiers qui s’avèrent inutiles. Est-ce vraiment nécessaire d’insérer un carrousel sur la page, de charger une vidéo YouTube ou encore d’utiliser 40 typographies différentes ? Revoir l’utilité des fonctionnalités devient une priorité.

  • Par ailleurs, il ne faut pas oublier de compresser au maximum les images en utilisant les bons formats, la page chargera beaucoup plus vite et l’impact environnemental sera moindre.

  • Une réflexion sur la configuration d’un site est obligatoire pour chaque ajout. Avez-vous réellement besoin d’ajouter un nouvel onglet, une barre de recherche à droite de la page ? Alors que ça n’apporte aucune valeur ajoutée ? En résumé : pas de superflu.

Des gestes simples

Vous n’êtes pas développeur, juste un internaute lambda ? Vous pouvez aussi participer à l’effort de guerre, avec quelques gestes simples.

  • D’abord éteindre son ordinateur quand on n’en a pas l’usage, également utiliser la fonction « économie d’énergie ».

  • Fermez les onglets et les programmes dont vous ne vous servez pas.

  • Faites le tri dans votre boîte mail ! Gardez les messages importants pour économiser de la place sur le serveur de stockage. N’hésitez pas à utiliser Clean Fox, un site très utile qui fera ce nettoyage à votre place, en repérant les courriers indésirables, les spams et newsletters, super pratique !

  • Une autre astuce consiste à utiliser la barre d’adresse directement plutôt que de passer par une barre de recherche (via un moteur de recherche) ; on peut ainsi charger beaucoup plus de pages que nécessaire, sans gâcher de l’énergie.

Ce sont quelques suggestions parmi d’autres. Tout le monde a la possibilité d’adopter ces petites habitudes au quotidien. Quant aux entreprises, elles vont devoir repenser la création et l’utilisation de leurs outils digitaux. De plus en plus de formations de développeurs vont dans ce sens du codage vert, qui jouera son rôle dans la RSE et l’image future des enseignes.

Pour en savoir plus :

https://www.greencodelab.org/

https://www.linfodurable.fr/technomedias/pollution-numerique-quand-le-code-informatique-devient-ecologique-779

https://www.codeur.com/blog/eco-conception-web-site-ecologique/

https://www.green-economy.fr/eco-conception-web/

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/le-green-code-pour-sauver-la-planete-67283/

https://sciencespourtous.univ-lyon1.fr/numerique-ecologique-cest-possible/

https://www.youtube.com/watch?v=MvYSV60hbxQ&fbclid=IwAR1qtwwEb_H0OMk-tcLFuPjWH4DqwQm1HuEMcCS_-RLno3Tg7FYSLtm2290

https://information.tv5monde.com/info/pollution-numerique-comment-reduire-ses-effets-au-quotidien-279020

L’Internet, un très gros consommateur d’énergie

Malo AYMARD, Sébastien MARIN & Léa SENDRON – Bachelor 3eme année – Stratégie digitale – 2019/2020

Merci à Justine BARON et Sacha GHANEM Bachelor 3eme année Cycle Intensif pour leur lecture.