Conseil d’ESPien : cours, stage, job étudiant, comment gérer le rythme ?

Aujourd’hui, nous sommes près de 46% des étudiants français à travailler (alternance comprise dans les stats) pour financer nos études ou pour subvenir à nos besoins. Qu’il s’agisse d’un job d’été ou d’un temps partiel sur l’année, nous sommes beaucoup à devoir apprendre à jongler entre vie pro, études et vie privée. Et pour pimenter le tout, 27% d’entre nous ont un job régulier sans rapport avec leurs études, donc sans véritable intérêt sinon purement alimentaire.

Mais avec un certain nombre de problèmes à gérer au quotidien. Car s’il semble impossible de prime abord de mener ces trois vies de front, ce n’est pas infaisable. On peut y parvenir et même y survivre.  Bref, j’ai décidé de me rendre utile et de donner quelques petits conseils à tous les étudiants, qui, comme moi, mènent ce régime d’enfer. 

“Mais qui suis-je ?”

Et si je me présentais ? Moi, c’est Emmeline, 20 ans. Le matin je suis en deuxième année de Bachelor Chef de Projet Communication et Publicité à l’ESP, l’après-midi je deviens chargée de développement marketing pour une entreprise, puis le soir et le week-end j’enfile ma chemise et me transforme en manager dans un Mcdo où j’ai la chance de pouvoir gérer une équipe de X personnes.

J’ai commencé à travailler comme équipière peu de temps avant ma rentrée en première année, ce qui m’a permis de trouver ma propre organisation, et surtout de ne pas me rajouter une couche de travail. Avec le recul, je réalise que si j’avais commencé l’ESP avant mon job, les choses auraient pu être plus complexes.

Cette première année n’était pas des plus simples et j’ai dû (très très vite) adopter une régularité d’horloge, une organisation rigoureuse et une discipline de fer pour jongler avec les cours, les projets, mon stage et ma vie au McDo où j’ai évolué très vite, sans doute, grâce à ce que j’ai pu apprendre en parallèle à l’école. La problématique était claire : comment faire pour accomplir convenablement lorsque l’on est contraint de se démultiplier ? 

“Gérer la pression”

Je vais être honnête avec vous : tout gérer, c’est difficile et parfois on peut craquer. La vie est faite de périodes calmes et d’accélérations alternées ; mais lorsque l’on est étudiant et qu’on travaille en parallèle, on est soumis à une pression constante et La panique peut vite prendre le dessus. Le secret : apprendre à gérer le stress. Si on doit craquer, on craque sans culpabiliser, puis on repart sur de nouvelles bases. Plusieurs pistes à exploiter ?

  • Il faut apprendre à définir ses priorités, en tenant des listes, en planifiant au maximum, tout en gardant en tête que ce n’est fondamentalement pas grave si quelque chose nous échappe. 
  • Les listes peuvent vite devenir notre deuxième cerveau ; il ne faut pas avoir peur de les faire longues et sur plusieurs semaines. Plus on a de visibilité et au plus on réussira à s’organiser et à développer son propre rythme de travail. 
  • On peut très vite se sentir couler sous le travail, mais je crois qu’on a une chance à l’ESP : les travaux de groupe ! Personnellement, j’ai pu m’entourer de camarades qui comprenaient ma situation et qui acceptaient que je travaille à mon rythme, ce qui a parfois pu m’éviter une pression supplémentaire.
  • En période de rushs,il faut travailler en nocturne pour tout accomplir. Projet pro, culture pro, compétition de strat, pack market = plusieurs nuits sacrifiées !  Du coup, faites des siestes si c’est possible, même petites. Si vous ressentez le besoin de dormir, dormez, c’est vraiment important ! Une fois le calme revenu il ne faudra pas oublier de s’accorder du temps pour soi, même si une dette de sommeil ne se récupérera jamais entièrement le repos n’est pas à négliger. 
  • Détendez-vous, videz-vous la tête. Même si on doit faire face à une montagne de travail, se caler 5 minutes devant la télé, regarder une série, lire quelques pages libérera toujours l’esprit, et permettra de repartir plus léger.

Comment neutraliser fatigue et déprime ? 

 Dans tous les cas, n’oubliez pas ce principe : quand on est fatigué, on peut vite déprimer, on accumule le travail en retard et on perd l’envie de s’investir. Bref on devient moins performant. Il faut apprendre à repérer lorsque l’on tire trop sur la corde et qu’elle est prête à céder.  Comment alors éviter d’entrer dans cette spirale ?

Ma maman me répétait souvent lorsque j’étais petite :  “La motivation, c’est un dinosaure qui vit en toi, il faut que tu le nourrisses sinon il prendra le dessus et te tuera”. Je ne sais pas d’où vient cette phrase, mais j’ai essayé de m’en rappeler le plus possible dans mes moments de fatigues intenses où plus rien n’allait. 

Si la fatigue est inévitable, elle n’est pas pour autant ingérable. Il faut toujours se souvenir de ce pourquoi on s’implique : on a toujours une bonne raison de le faire. Comme la plupart les étudiants qui travaillent, j’ai connu l’extrême fatigue et pour être totalement honnête avec vous, j’ai dû faire face à plusieurs crises de larmes ou de panique ; et en fin de compte je n’avais pas l’impression d’aller mieux en ayant craqué mais plus d’avoir perdu mon temps. Erreur. Car ces instants pénibles permettent de se remettre en selle, de se souvenir de ses motivations, de ses objectifs, de se remémorer pourquoi on donne tant de notre personne. Et finalement d’apprendre à être un peu plus fier de soi. 

Cela suppose de s’alléger l’esprit. Pour me libérer de cette charge mentale, je me suis imposée de continuer à entretenir une vie sociale ! Coûte que coûte. Cela m’a permis de lâcher prise, et de rencontrer tout un tas de gens géniaux qui ont su me réconforter dans ces moments où le moral n’était pas à son max. 

“Suis-je épanouie ?”

“Je ne sais pas comment tu fais”. J’ai dû entendre ces mots des centaines de fois. En vérité, moi non plus, je ne sais pas. Je sais juste que, finalement, j’aime ça, profondément, parce que j’apprends à m’épanouir, je développe des compétences que je n’aurais sans doute pas acquises aussi vite sans mon job étudiant. 

“Suis-je quelqu’un d’épanoui?”. C’est en fait la question clé. Si la réponse est non, il faut vite faire le point. Pourquoi la combinaison de ces petites vies ne fonctionne-t-elle pas ? Y a-t-il une solution de repli ? Pourquoi faire tout ça déjà ? 

Autre problématique directement liée notre formation à l’ESP : nous sommes formés pour devenir des chefs de projet, donc des leaders, des décideurs, des preneurs de risques … et cela s’accorde mal avec un job d’étudiant qui implique d’être un simple exécutant. Il faut alors s’adapter, passer de l’un à l’autre ; cela peut s’avérer désagréable en matière d’ego, mais c’est un excellent moyen pour  apprendre à faire la part des choses., Et qui sait, gravir les échelons en interne en parallèle de ces études, comme j’ai pu le faire ?

Résumons. Combiner job étudiant, stage, cours et vie intime relève souvent de l’exploit mais lorsque c’est chose faite, la satisfaction est intense. Si jamais vous hésitez à prendre un petit boulot en parallèle de vos études, souvenez-vous que ce n’est pas impossible et que beaucoup d’entre nous arrivent à tout cumuler. De toute façon, il n’est pas interdit d’arrêter si cela devient trop compliqué. Puis, quoi qu’il arrive vous sortirez toujours grandi de cette expérience : on en apprend beaucoup sur soi, ses compétences et ses limites ! 

Emmeline COSSIC – Bachelor 2eme année – 2019/2020

 

Et plus si affinités

Sources pour les statistiques en introduction : Le Figaro, Le Monde, enseignementsup-recherches.gouv.fr