Conseil d’ESPien : savoir dire non au travail , comment s’y prendre ?

Auriane Vianay avait déjà évoqué ce délicat sujet au mois de mars, insistant sur l’importance de savoir dire non au travail. Certes, mais comment s’y prendre ? Il n’est pas toujours évident en tant qu’alternant ou stagiaire de refuser une tâche qu’on nous attribue de peur d’être mal vu par un supérieur. Voici donc, chers ESPiens, quelques petits conseils pour dire non efficacement, en toute diplomatie, et avec succès.

Pourquoi avons-nous peur de dire non ?

Pour parvenir à dire non, il faut déjà comprendre pourquoi cet adverbe fait si peur. Depuis notre plus tendre enfance, on nous enseigne que dire « non » est impoli, surtout face à l’autorité. Malheur à l’enfant qui dit non à ses parents, à ses professeurs. refus d’obéissance, rébellion, manque d’éducation, … dire « non », c’est être négatif lorsque l’on s’adresse à autrui. Et cela crée une gêne évidente ; nous avons tous ressenti du malaise quand dans une conversation quelqu’un dit “non” à un interlocuteur. C’est un refus incontestable, une source potentielle de conflit. Pour celui à qui on dit “non”, c’est quelque part être rejeté par l’autre, être nié, contesté … et ce n’est jamais agréable. Qui aime s’entendre dire “non” ? En effet, le “non” contredit l’un des besoins fondamentaux déterminés par la pyramide de Abraham Maslow : l’appartenance à un groupe. La peur de dire non correspond à ce besoin d’appartenance. Cette crainte du rejet nous pousse à ne plus prendre en considération notre volonté et nos besoins, et nous conduit à dire “oui”.

Pourquoi est-il essentiel de savoir non ?

A l’inverse, dire non, c’est s’affirmer bien évidemment, mais c’est aussi et surtout prendre en considération ses besoins, sa charge de travail et ses limites. Si, en entreprise, vous acceptez toutes les tâches que l’on souhaite vous attribuer, vous risquez d’être très rapidement submergé par le travail, stressé pour accomplir les missions qui s’accumulent et que vous ne pouvez plus mener. Votre professionnalisme risque d’en souffrir, votre image auprès de vos collègues … et vous-aussi, psychiquement et physiquement. Dans certains cas extrêmes, ne pas dire non peut conduire au burn-out. Il faut donc intégrer le “non” dans ses compétences. Et se défaire de certains automatismes. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, dire non de manière respectueuse c’est faire preuve de maturité et d’une analyse claire de la situation, car cela dévoile deux qualités : la transparence et la projection. Si on vous donne beaucoup trop de tâches, vous aurez vite le sentiment d’être débordé et dispersé, le risque est d’être tétanisé par le stress et de perdre toute satisfaction dans votre quotidien, mais aussi de mettre en péril l’équilibre de l’équipe en créant des frictions, de prendre du retard par rapport aux plannings, et de créer de la défiance chez le client. 

Relativisez les conséquences

Dire non peut donc s’avérer salutaire. Et il faut s’en convaincre. Et pour y parvenir, il faut relativiser les conséquences. “Dire non va-t-il remettre en cause la relation de confiance instaurée avec mon interlocuteur ?” “Ce dernier va-il douter de mes compétences ?” “De quoi est- je réellement peur ?” Se poser ces questions est essentiel  pour apprendre à dire non en toute quiétude, à tête reposée. Car dire non sur un coup de tête, comme une réaction épidermique n’est pas non plus constructif. Quelques points de repères pour vous décider dans le calme et en toute conscience : le temps dont vous disposez ; les compétences requises. Si votre planning est surchargé, ou que vous ne savez tout simplement pas comment faire, il vaut mieux refuser. Et expliquer pourquoi. Rappelez-vous que vous êtes alternant/ stagiaire, que vous avez également des cours et des projets à rendre, que vous êtes en stage pour apprendre et que vous n’êtes pas sensé tout savoir faire !

Nuancez et priorisez !

Ayez en tête qu’il ne suffit pas de dire non pour dire non et en boudant. vous devez argumenter la chose, prouver votre réelle indisposition à réaliser ces tâches. c’est important pour ne pas vous décrédibiliser auprès de votre interlocuteur. A savoir également : un non peut amener à ouvrir un débat où chacun échange, ce qui permet d’avancer ensemble. Ce désaccord doit permettre de définir une alternative. Rappelez-vous qu’il faut rester à l’écoute de l’autre et ne surtout pas se braquer, mais dans le même temps il faut connaître sa limite : c’est la base de toute négociation. Un collègue vient vous voir complètement paniqué pour vous demander de l’aide sur un dossier car c’est très urgent ; c’est le moment de poser des questions afin de déterminer si c’est vraiment le cas, si cela peut être inclus dans votre to do list en fonction de vos propres deadlines. Vous n’êtes pas obligé de répondre dans la seconde, vous pouvez vous laisser du temps pour répondre afin de voir si cette tâche trouve une place dans votre agenda, ne vous engagez jamais trop vite. 

Récapitulons

Vous l’aurez compris, dire non, cela s’apprend, avec le temps, et une certain sens de la diplomatie. Gardez toujours en tête ces principes fondamentaux pour dire non en toute quiétude :

  • Connaître ses limites et son planning de travail 
  • Rester poli
  • Être franc
  • Ne pas s’excuser (cela pourrait vous décrédibiliser notamment décrédibilisé votre argumentation) 
  • Ne pas se braquer
  • Proposer une alternative
  • Rester à l’écoute
  • Argumenter son refus ou son désaccord 
  • Réfléchir avant de donner une réponse définitive

Et si vous doutez, n’hésitez pas à en parler ouvertement à un proche qui vous aidera à prendre du recul et à désamorcer le possible impact de votre “non”.

Léa BOUMEDDANE – Bachelor 3eme année – Stratégie Marketing – 2019/2020