Interview : Influenceurs en confinement ? Sacha Micallef nous répond.

Durant deux mois de confinement, nous avons été en prise directe avec l’univers digital pour travailler, pour acheter, pour nous divertir et nous cultiver, pour continuer d’échanger avec nos proches. Et les influenceurs dans tout ça ? Quelle fut leur position ? Sont-ils sortis renforcés de la crise ? Ont-ils fait évoluer leur présence sur les réseaux sociaux ? Constituent-ils toujours un levier de choix pour les marques ? Sacha n’est pas influenceur ; il travaille au sein d’une maison de communication où il est assistant Presse & Influence. Il travaille donc avec ces profils qu’il connaît tout particulièrement. Nous lui avons demandé son avis sur la question. L’occasion d’en savoir plus sur le marketing d’influence et ses enjeux.

Présentez-vous. Votre parcours, votre entreprise actuelle, votre fonction.

Je m’appelle Sacha Micallef et je suis actuellement assistant Presse & Influence au sein d’une Maison de Communication à Paris. Avant d’intégrer l’agence, j’ai effectué deux ans de Classe Préparatoire en région parisienne, suivis d’un Master en école de commerce à Rennes. A l’issue de mon stage de césure, on m’a proposé de rejoindre l’équipe à ce poste.

Pouvez-vous présenter votre travail ? En quoi consiste-t-il et quel est votre lien professionnel avec les influenceurs ? 

Travaillant de façon quotidienne sur les deux grands pôles de l’agence (à savoir, le pôle Presse et le pôle Influence), ma mission principale est de promouvoir nos différents budgets. Pour se faire, nous jouissons d’un large réseau de journalistes, stylistes et créateurs de contenus. 

Au pôle Influence, je travaille en étroite collaboration avec de nombreux influenceurs, VIP et créateurs de contenus via des opérations dites « organiques » (les influenceurs ne sont pas rémunérés) ou sponsorisées (les influenceurs sont rémunérés). Je m’occupe entre autres d’élaborer des castings pour les seedings, de contacter les influenceurs sélectionnés, de gérer les rendez-vous showroom/boutique et d’entretenir un lien privilégié entre eux et l’agence au cours des différents évènements, etc.

Pouvez-vous nous citer 3 grands influenceurs représentés par votre agence ? 

L’agence dans laquelle je travaille ne représente pas d’influenceurs. Cependant, nous travaillons avec un large réseau de nano, micro et macro influenceurs selon les opérations de communication et, également, avec des top influenceurs et VIP tels que Léna Mahfouf, Barbara Thome, Sulivan Gwed ou encore Laury Thilleman…

En cette période de confinement, diriez-vous que le rôle d’un influenceur est important ? En quoi ? 

Le rôle d’un influenceur est selon moi essentiel durant cette période de confinement. Étant largement suivis, ils peuvent montrer le bon exemple, notamment auprès des plus jeunes, en restant chez eux, en expliquant les gestes barrières ou encore en étant à l’origine de projets interactifs avec leur communauté.

Je pense notamment au CR Runway with amfAR Against COVID-19 (qui a eu lieu cette année sur YouTube) où on a pu voir de nombreuses icônes de la mode demander à leurs communautés de rester chez eux ou encore aux joueurs du PSG montrant les gestes barrières dans une vidéo très largement diffusée ces dernières semaines.

On sait que pendant cette période compliquée, de nombreux adolescents et jeunes adultes peuvent être en proie à la dépression ou à la solitude. Les différents créateurs de contenus peuvent ainsi être un atout pour faire passer les bons messages, qui seront écoutés, adoptés et relayés par leurs followers.

Néanmoins, la communauté n’est pas l’unique cible. Les créateurs de contenus peuvent également utiliser leur influence auprès des marques elles-mêmes. De nombreux influenceurs ont également été à l’initiative de récoltes de fonds (ex. Chiara Ferragni) ou au premier rang pour soutenir le personnel soignant (ex. Léna Mahfouf & Elise Golfarb).

Selon vous, les communautés de vos influenceurs sont-elles plus actives ? Si oui, pourquoi ? Comment cela se manifeste-t-il ? 

Je pense personnellement que les différentes communautés ont été très présentes et actives pendant ce confinement, notamment en participant aux divers projets et « challenges » lancés par les Influenceurs sur les réseaux sociaux (ex. Quarantine Pillow Challenge, Don’t Rush Challenge…). On a notamment pu observer l’engouement soudain pour le réseau social TikTok et ses challenges pendant la Quarantaine  ou la participation de fans dans la réalisation de plusieurs clips vidéo (ex. Yseult). Les réseaux sociaux sont selon moi le moyen le plus moderne de rester en contact avec le monde extérieur, tout en restant chez soi. 

La reprise, économique comme sociale, sera difficile et longue. Pensez-vous que le marketing d’influence constituera un atout pour les marques ? Dans quelle mesure ?

Le marketing d’influence est à mon sens l’avenir de la communication. Il est moderne, peu coûteux et en pleine expansion. C’est pour les marques un excellent moyen de développer une nouvelle forme de communication tout en boostant leurs ventes et en améliorant leur image de marque. C’est également un moyen efficace pour les jeunes entreprises de se faire connaître rapidement.

Après la crise du coronavirus, pensez-vous que les influenceurs auront un rôle encore plus important ? De quelle manière pourront-ils épauler les marques ?

Les influenceurs auront nécessairement un rôle de plus en plus important après la crise sanitaire. Leur influence a été plus que visible et a fait ses preuves (je pense notamment à l’influenceuse italienne Chiara Ferragni qui a récolté plus de 4 millions d’euros pour lutter contre le virus). Ces derniers pourront donc épauler les marques grâce au marketing d’influence via des opérations de communication, sponsorisées ou bénévoles. 

Comment voyez-vous l’avenir du marketing d’influence dans 5 et 10 ans ? 

Je pense que le marketing d’influence prendra de plus en plus de place dans les stratégies de communication des entreprises et que les investissements sur ce levier ne feront qu’augmenter. Toute entreprise devrait évoluer avec cette nouvelle « tendance » dans les prochaines années.

Merci à Sacha Micallef pour son temps et ses réponses.

Hugo QUÊTU – Bachelor 2eme année – 2019/2020