Le manque de temps, fléau du XXI° siècle ?

Dans notre société moderne, le temps constitue une denrée rare qu’on ne cesse de vouloir optimiser. Les réveils, les nombreux rappels, les agendas overbookés sont d’autant de signes que le temps est de plus en plus précieux et chronométré. Gérer son temps devient alors un réel savoir faire, indispensable dans sa vie personnelle mais surtout dans son parcours professionnel. Et c’est tout le problème car le monde du travail va toujours plus vite et il faut coller à cette accélération perpétuelle au risque de nous retrouver complètement noyé sous les nombreux projets et dossiers dont nous avons la charge. Ce qui relève du casse-tête. Explications.

Le temps de la digitalisation

Dans le monde du travail, le temps peut être représenté comme une data. Et il faut essayer d’économiser cette donnée par tous les moyens pour ne pas prendre du retard sur les différentes missions à traiter. Or la perception de cette data n’est pas la même pour chaque individu. Du coup, la gestion du temps devient un atout, une arme pour réaliser les diverses tâches qui nous sont confiées. Pire, si la vitesse de traitement des données est accélérée depuis l’apparition des nouvelles technologies et des machines numériques, l’Homme ne peut pas aller aussi vite que le progrès digital et doit impérativement optimiser son ratio temps-productivité pour adapter sa performance dans une durée minimum.

Un temps de travail ininterrompu

Il est vrai que les innovations digitales du XXIe siècle ont engendré cette précipitation perpétuelle du temps. Afin d’améliorer la communication et le travail au sein des sociétés, les collaborateurs se connectent toujours plus et plus longtemps. Dans de nombreuses entreprises, les salariés sont équipés d’ordinateurs portables et de smartphones professionnels qui parasitent à terme la gestion de leur timing, car ils deviennent ainsi disponibles à tous moments et dans n’importe quels cas. C’est alors qu’il faut se montrer le plus organisé, le plus réactif afin de gérer l’invasion, la neutraliser pour y échapper. Entre les mails qui s’accumulent, les coups de téléphone à rallonge et les dossiers qui s’amoncellent sur le bureau au fur et à mesure, il faudrait que les journées durent au moins 4h de plus. Problème : le temps n’est pas élastique.

Un temps qui dure longtemps

Quoi que ? Avec ces nouvelles technologies qui modifient notre perception du temps, les heures qui filent et le désir obstiné de toujours leur courir après, il faut également trouver l’opportunité d’avoir une vie privée. Passer du bon temps en famille, avoir une vie sociale, des moments de loisirs ou de farniente devient de plus en plus compliqué pour la majorité des français qui y aspirent d’autant plus que la fatigue et l’usure se font sentir. Il faut ajouter que le manque de temps que nous pouvons subir au travail a une incidence directe sur sa perception.Le fait d’être toujours pressé, de courir à droite et à gauche, sous pression, avec des échéances à court et long terme, rend l’individu de plus en plus impatient. Le moindre retard, le plus petit ralentissement devient catastrophique. On perd alors patience, dans les transports, dans les salles d’attente, quand le réseau internet dysfonctionne, quand on doit argumenter face à un interlocuteur complexe …

S’offrir du temps

Pour libérer du temps, il faut savoir l’organiser en fonction des différents événements qui se présentent. L’essentiel est de prendre du recul par rapport au moment présent. Penser à faire la part des choses à l’instant T est le meilleur moyen de gérer au mieux son planning. Exemple très parlant mais assez difficile à instaurer pour beaucoup de personnes : apprendre à dire non ! Dans le travail, surtout dans le domaine de la communication, c’est primordial afin d’éviter de traiter des situations dans l’urgence, et de mal faire. Et cela ne sera pas mal vu : refuser une tâche par manque de temps, c’est faire preuve de bon sens, de pertinence.

Malheureusement, on fait de moins en moins souvent la part des choses. Le manque de temps, l’urgence perpétuelle multiplient le stress et ses corollaires comme le burn-out et la dépression. Face à ce fléau moderne, la recherche du temps et son optimisation constituent une problématique centrale. Comment trouver le subtil mélange entre temps personnel, temps professionnel et temps de repos ? C’est toute une éducation, une logique de la vie en entreprise et du fonctionnement social qui est revoir pour parvenir à préserver un équilibre vital pour notre être, notre productivité et notre créativité. Comme le dit si bien un proverbe suisse : « Briser la montre n’arrête pas le temps qui fuit ».

Pour en savoir plus :

  • Le Monde.fr : « Tant de Temps » – Anne-Sophie Novel

https://www.lemonde.fr/tant-de-temps/article/2015/05/15/etienne-klein-notre-facon-de-confondre-temps-et-vitesse-en-dit-long-sur-notre-rapport-a-la-modernite_4634014_4598196.html

  • Karine Pouliquen .fr : « Comment faire face à l’accélération des temps au travail ? »

http://www.karine-pouliquen.fr/blog/faire-face-a-lacceleration-temps-travail/

  • Institut Vaugirard : « De l’épaisseur du temps au travail »Marie-Anne Torneberg

http://www.ivhm.fr/de-lepaisseur-du-temps-dans-le-travail/

  • Le Figaro .fr : « Le temps passe plus ou moins vite selon l’âge » – Damien Mascret

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/12/19/01008-20111219ARTFIG00415-le-temps-passe-plus-ou-moins-vite-selon-l-age.php

Romain CHEVREUX – Bachelor 3eme année – RP/Event – 2018/2019