Les femmes  : actrices incontournables et innovantes de l’entreprenariat numérique français 

En France les inégalités professionnelles ne sont un secret pour personne.

  • Aujourd’hui on compte 14% de dirigeantes, 15% de femmes dans les COMEX, depuis la loi Copé-Zimmerman 40% de femmes dans les CA des sociétés du CAC 40, et seulement 16% pour les sociétés non cotées.

  • Si 40% des entreprises individuelles sont créées par des femmes, seulement 10% des startups ont une dirigeante à leur tête. Et l’on compte moins de 10% de dirigeantes d’entreprise.

Bref, et ce n’est pas une surprise, les femmes sont peu représentées aux postes à hautes responsabilités ou dans les secteurs historiquement masculins. Idem dans le digital qui compte aujourd’hui environ 28% de professionnelles. Et pourtant, ces dernières initient une foule de projets, ont pour ambition de faire changer les choses :

  • Julia Bijaoui créatrice de Frichti en 2015 compte aujourd’hui 200 salariés.

  • Philippine Dolbeau lance à 17 ans Newschool et bouscule les codes de l’enseignement classique.

  • Caroline Ramade fonde en 2005 Paris Pionnière, le premier incubateur au féminin.

  • Delphine Rémy-Boutang inaugure la première Journée de la Femme Digitale en 2013, rassemblement dont le succès ne se dément pas 6 ans après.

L’heure du changement 

Fort heureusement, les choses bougent : le 15 février 2018, 25 réseaux économiques ont associés leurs efforts afin d’exposer au siège de Google France autant de propositions visant à stimuler la mixité hommes-femmes. L’enjeu était de promouvoir d’une seule voix la place des femmes dans le numérique. Lors de la soirée de présentation de ces #25propositionsFH, Claire Saddy, présidente de l’incubateur Les Premières, expose la situation avec clarté :

« Si autant de femmes que d’hommes travaillaient ou montaient leur entreprise, la croissance en 20 ans pour la France serait de 9,4% ».

Et ça bouge également du côté ingénierie. En 2017, 29% des diplômés d’école d’ingénieurs étaient des ingénieurEs, contre 11% au début des années 2010. L’agronomie et la chimie attirent principalement ces postulantes. Par ailleurs, on compte 73% de femmes dans les différents domaines du numérique pour 61% d’hommes : elles sont perçues comme des actrices essentielles d’une transformation numérique incontournable et généralisée.

Certes, elles restent minoritaires dans les métiers de développeur, mais de plus en plus souhaitent casser les codes, et on en dénombre désormais 42% dans cette activité. L’école d’ingénieur EPITA prend part à ce changement, qui a été récompensée par la CDEFI lors du Trophée Ingénieuse de 2014 en recevant le prix de l’école la plus mobilisée dans la promotion des métiers du numérique. Soulignons notamment sa participation au Trophée Excellencia récompensant les lycéennes et les femmes entrepreneurs investies dans une action sociale ou humanitaire.

EPITA est également actrice de différentes initiatives comme :

  • La création avec l’ESME Sudria et l’IPSA du site internet Femme Ingénieure dont le but est d’informer un public jeune et féminin sur ces métiers.

  • Le blog Femmes et informatiques, qui permet aux femmes qui évoluent dans ce secteur de transmettre leur passion.

  • Les étudiants de EPITA ont créé Synergie, une association en faveur de la mixité au sein de l’école.

Deux initiatives qui font changer les choses

Tout cela relève de la data, des statistiques. Retenons deux exemples concrets et particulièrement significatifs d’initiatives prises par des femmes pour aider les femmes à changer les tendances et se dévoiler dans l’univers du digital et de l’entreprenariat.

  • La Journée de la Femme Digitale

Lancée en 2013 à l’initiative de Delphine Rémy-Boutang, la Journée de la Femme Digitale réunit 10 000 participants et 3 millions d’internautes en 2017. Le mot d’ordre de l’édition 2018 est « agir », avec la présence d’entreprises comme La Française des Jeux dont la Présidente-directrice général du groupe Stéphane Pallez est marraine de la manifestation.

Ce rassemblement toujours plus attractif permet d’affirmer le digital comme moteur d’un monde meilleur. L’événement s’organise autour de rendez-vous et de conférences donnant la parole à des actrices et des acteurs du monde digital, originaires de tous les secteurs. De grandes entreprises comme Microsoft, Cap Gemini, La Frenchtech, Lenovo participent à cette journée aux côtés de startups qui réfléchissent au monde de demain.

Lors de cet évènement, la JFD remet Les Margaret, prix ainsi baptisés à la mémoire de Margaret Hamilton, codeuse de la Nasa et pionnière de l’informatique moderne, grâce à qui l’Homme a marché sur la Lune. Ce trophée créé par l’artiste du digital Judith Darmont, récompense la femme digitale entrepreneure et la femme digitale intrapreneure de l’année (Pssss… voici le lien pour la JFD 2019).

  • L’Association Paris Pionnières

Une autre initiative participe du nombre croissant de femmes dans le digital et l’entreprenariat : elle a vu le jour il y a 13 ans, alors que les femmes avaient encore plus de mal qu’aujourd’hui à trouver leur place dans des secteurs initialement très masculinisés.

L’Association Paris Pionnières a déjà accompagné 350 startups cofondées par des femmes, générant ainsi plus de 5 millions et demi d’euros et la création de nombreux emplois. A elle seule, elle a fait passer de 5% à 21% la moyenne nationale du taux de créatrices d’entreprises. Marie Georges, la présidente, explique dans un article de Marie Claire que «les femmes sont devenues un atout indiscutable dans l’entreprise innovante, il suffisait de leur donner « un premier coup de pouce » ».

Cet incubateur est loin d’encourager les duos de fondatrices et prône la mixité ; avec 50% de femmes pour 50% d’hommes, le pari de Marie Georges semble réussi ! L’incubateur a même décidé de changer de nom afin de continuer dans cette initiative de parité en se renommant Willa.

27% des femmes se lancent dans l’entreprenariat contre 9% pour les hommes, ce qui révèle une réelle transformation. Paris Pionnière devenue Willa vient de lancer le programme « Olympe » pour encourager les jeunes filles à s’engager dans des filières technologiques et scientifiques.

Que dire de plus après cette vue d’ensemble, sinon que la situation évolue vite et bien. Femmes d’aujourd’hui, le monde du numérique n’attend plus que vous !

Pour en savoir plus :

https://www.violainecherrier.com/quelle-est-la-place-des-femmes-dans-le-numerique-en-2018/

https://www.latribune.fr/supplement/women-for-future/femmes-et-digital-actions-765047.html

https://www.marieclaire.fr/entreprenariat-au-feminin-les-femmes-deviendraient-elles-l-avenir-du-digital,1255284.asp

https://www.violainecherrier.com/quelle-est-la-place-des-femmes-dans-le-numerique-en-2018/

https://www.clementine.jobs/blog/les-femmes-dans-le-digital/

Joana DIAS – Bachelor 3eme année – Stratégie digitale – 2018/2019