Do It Yourself : do you do that ?

Bonjour à tous, les ESPiens ! Je suis Sacha et je vous accueille pour notre première édition du Podcast ou presque. Aujourd’hui nous nous retrouvons pour parler du Do It Yourself. Et cela promet d’être intense, riche de trucs et d’astuces. Alors à vos écouteurs et vos calepins, car je reçois Pauline, notre référence COMinside dans la pratique du DIY.

SBonjour Pauline ! Alors pour commencer, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est-ce que le DIY exactement ?

P – Bonjour Sacha ! Bonjour les ESPiens ! Eh bien, le DIY, Do It Yourself comme vous le disiez précédemment, c’est une expression anglaise qui veut dire « Faire soi-même » et qui englobe les activités visant à créer soi-même des objets de la vie courante, des objets technologiques ou des objets artistiques.

S – Qu’en est-il de sa provenance et où en est-il aujourd’hui ?

P – Eh bien, le temps où les loisirs créatifs étaient assimilés à des activités de grand-mère, ce qu’on appelait les ouvrages de dames, est révolu ; le DIY s’offre une nouvelle jeunesse en séduisant une clientèle millennial. Les objectifs sont clairs : il faut impliquer la génération Y voire Z, des consommateurs avertis, connectés et exigeants, de plus en plus sensibilisés à la question environnementale, à la notion de récup’.

Cette tendance s’est développée avec l’essor des blogs et tutoriels dédiés sur internet où de véritables communautés se sont mises en place, l’écologie et la « recyclabilité » du concept séduisant par ailleurs toujours plus de consommateurs. Pour vous donner une idée précise de cet essor, le marché des loisirs créatifs représente 1,25 milliards d’euros en France. Les adeptes du DIY en France pratiquent en moyenne 6 activités différentes, et 32% vendent leurs créations ou sont prêts à le faire. C’est significatif de l’engouement croissant suscité par cette pratique.

SEt comment ce marché se caractérise-t-il ?

P Il se divise en deux courants :

  • le DIY que je qualifierai de spontané : on va sacheter du tissu pour faire une robe, on fait des bijoux à partir de matériaux de récup’ …

  • le DIY marketé : des entreprises proposent des kits tout faits, des boxes et communiquent sur ce service.

Plusieurs enseignes se sont développées grâce à la pratique du DIY : Cultura, Le Géant des beaux arts, Etsy, strene GreneL’essor des blogs, magasins et salons spécialisés dans le DIY a multiplié les points de rendez-vous où des communautés se créent. De nombreuses entreprises multiplient les tutos sur leur réseaux sociaux (YouTube, Instagram, Pinterest) pour attirer et fidéliser leur clientèle. Pour expliquer un produit ou le mettre en avant, le tutoriel demeure une valeur sûre du DIY. Il y a même des plate-formes dédiées comme La Fabrique ou Wikifab.

Il y a aussi de nombreux salons organisés autour du DIY. Le plus connu est le Maker Faire qui rassemble 800 exposants à Paris. Il existe aussi des salons plus petits, souvent locaux, pour permettre des rencontres créateurs, artisans et public.

S – Quelles innovations ce marché porte-t-il ?

P Le DIY est initialement pratiqué pour se détendre, acquérir de la confiance en soi, pour le plaisir de créer un objet unique qu’on a personnaliséou pour monter un business. De nouvelles tendances de consommation sont apparues ces dernières années qui ont toutes favorisé l’émergence du marché du DIY.

D’abord, et nous l’évoquions au début de notre entretien, il y a la volonté de consommer de façon plus responsable. Le domaine du DIY implique une forte dimension sociale et écologique via le recyclage d’objets, sans parler de l’upcycling, qui consiste à ajouter de la valeur à un produit en le recyclant et en lui attribuant une nouvelle fonction.

On voit alors de nouveaux business models apparaître. D’une part, le marché CtoC (Consumer to Consumer) qui se développe fortement et d’autre part l’économie collaborative et l’envie de créer ensemble. Les plateformes de vente, de prêt ou de location entre particuliers comme La Dépanne, ou les communautés d’internautes qui partagent leurs astuces connaissent un réel succès.

Par ailleurs, le marché du DIY est soumis à la mode. En effet, les DIY les plus populaires sont le plus souvent la création ou l’amélioration d’une pratique ou objet qui est «tendance».

SLe DIY est une mode du moment … ou s’agit-il d’une véritable mutation de consommation ?

P8 français sur 10 affirment vouloir consommer différemment, le DIY est une des solutions les plus répandues pour y parvenir. L’ObSoCo (L’Observatoire Société et Consommation) a ainsi identifié 24 pratiques du « faire soi-même » allant du bricolage au jardinage en passant par la réparation automobile. Ainsi, on apprend que 93% des personnes interrogées ont pratiqué une des activités étudiées au cours des 12 derniers mois. Ceux qui sont des adeptes réguliers pratiquent en moyenne 5 de ces activités. Bref on est sur un mouvement de fond généré par une prise de conscience éthique. Mais finalement c’est aussi un retour en arrière quand on cousait, tricotait, faisait ses produits de beauté soi-même.

S – Le DIY s’adresse-t-il à tous ?

P Nés entre 1980 et les années 2000, les millennials, générations Y ou Z, ou encore digitale native, sont les principaux intéressés par le DIY.

Avec le développement du digital, cette catégorie de consommateurs est plus exigeante, notamment envers le commerce physique, qui doit lui apporter une expérience personnelle en plus d’un achat qu’il aurait pu faire sur le net. Cette clientèle – en majorité féminine s’attache aux activités créatives parce qu’elle souhaite donner une signification à sa consommation, notamment via les réseaux sociaux.

Même si la cible principale est jeune, les quadras sy intéressent de plus en plus. Quant aux plus de 60 ans, ils reviennent aux pratiques dites de “grand-mère” des années 70 : tricoter, faire à manger, … n’oublions pas que nos mamies étaient formées pour ça, ma grandmère avait des cours de cuisine et de couture à l’école …

La volonté d’utiliser des produits éthiques et écologiques, poussent un grand nombre de monde à faire leurs produits eux-mêmes. Idem pour les personnes ayant des problèmes de santé, des allergies notamment et qui doivent élaborer leurs cosmétiques et leurs produits de ménage. Enfin, lhyper personnalisation grandissante dans notre société favorise la démocratisation du DIY, très nettement.

SPratiquer le DIY est plus économique que la consommation classique ?

P – Ah la bonne question ! Vous allez être étonné !

On le sait, la crise a fait baisser le pouvoir dachat des ménages français ces dernières années. Les ménages ont donc adopté des pratiques plus économiques. Or le DIY devrait en toute logique en faire partie, et aider à réduire les dépenses. Eh bien ce n’est pas forcément le cas.

Prenons 2 exemples :

Vous désirez tricoter une écharpe.

Vous achetez les éléments séparés : un modèle gratuit téléchargé via internet, 1 à 2 € la pelote de laine acrylique basique (il en faut trois en moyenne pour réaliser une écharpe convenable) – entre 4 et 6 euros pour les aiguilles à tricoter (le prix varie selon le matériau, métal, plastique, bambou) ce qui donne 12de budget.

Vous privilégiez un kit proposé par une marque avec pelotes de pure laine, aiguilles, aiguille de finition et explications… qui vous coûtera entre 40 et 60 euros selon les enseignes.

Autre exemple, la poupée Reine des neiges en carton signée Manibus, concept store de Kit DIY coûte 22,90€ (à titre de comparaison, celles vendues en plastique dans le commerce évoluent entre 10 et 30 €). Cependant, cela revient moins cher si on achète les éléments séparément en la faisant grâce à un tuto sur internet.

Bref, il y a un business du DIY et qui peut s’avérer coûteux.

S – Pour finir, y a-t-il des dangers dans le DIY ? Si oui, lesquels ?

P – Ils existent bien entendu : déjà rater son objet … et puis se faire mal, se couper, se blesser, se brûler, se piquer … bref les tracas et les bobos propres au bricoleur. Du coup pensez à mettre à jour vos vaccins, notamment le tétanos, on n’est jamais trop prudent. Et informez-vous avant de vous lancer. Renseignez-vous sur les méthodes, les risques … et soyez patients, concentrés.

N’oubliez pas : les pratiques professionnelles ne doivent pas être faites en DIY car le résultat peut être dangereux, je pense à la plomberie, l’électricité, la mécanique, la maçonnerie … certaines pratiques de cosmétiques également (botox, injections dans les lèvres, …).

S – Pauline, merci pour vos réponses ! Merci aux auditeurs, nous espérons que cela vous a plu. De notre côté, nous continuerons à nous intéresser à cette tendance du DIY et à la suivre de plus près.

Pour en savoir plus :

https://www.etudes-et-analyses.com/blog/decryptage-economique/marche-diy-france-2018-08-04-2019.html

http://www.ajmj.fr/marche-diy-explose-france/

https://imbrikation.fr/blog/le-marche-du-diy-et-les-micro-usines/

http://www.slate.fr/story/162836/diy-signe-distinction-diplomes-culture-bricolage

http://www.papetierdefrance.com/activites-creatives/millenials-nouvelle-cible-diy/

http://www.fox10phoenix.com/news/arizona-news/the-dangers-of-diy-cosmetic-procedures

Pauline PERRETSacha DAHAN – Bachelor 2eme année – 2018/2019