Lecture d’ESPien : La rage de convaincre – Marcel Bleustein Blanchet – 1970

On ne peut pas penser publicité sans penser Publicis. Comme on ne peut pas dire Publicis sans dire Drugstore. On différencie d’ailleurs rarement les deux … tout comme on ignore à quel point le fondateur de ces deux institutions a totalement révolutionné l’univers de la pub. J’ai nommé Marcel Bleustein-Blanchet.

Ce nom ne vous dit sans doute rien … et c’est bien dommage. Car sans sa motivation indomptable, sa force de caractère et son instinct infaillible, la publicité telle que nous la connaissons aujourd’hui (et dont nous nous plaignons tant) serait demeurée au stade larvaire de la réclame.

Il s’en est fallu de peu. Au début du siècle dernier, lorsque il déclare qu’il veut travailler dans ce domaine, son père n’est pas du même avis. A l’époque, “vendre des courants d’air” n’est pas un métier respectable. Il faut bien avouer que la médiocre qualité des publicités d’alors légitimaient largement cette méfiance.

Une image vaut mille mots dit-on ? Imaginez une annonce presse vantant les mérites divins d’un produit quelconque … avec le dessin d’un quidam à qui on enfonce l’information dans le crâne à coups de marteau ! C’est là l’une des illustrations très parlantes de La Rage de convaincre.

Car Marcel Bleustein-Blanchet a tenu bon et, contre l’avis paternel, a fait carrière dans ce secteur qu’il a largement réinventé. Ce qu’il nous raconte dans un très long monologue que le livre retranscrit, depuis ses débuts jusqu’au rachat des locaux sur les Champs-Élysées en passant par ses aventures radiophoniques ou encore sa participation à la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Un récit palpitant et passionnant, entre mémoires et analyse, qui porte la logique de ce véritable magicien, qui affine la perception … et déclenche les vocations. Alors, la prochaine fois que vous serez dans le métro, dans votre voiture ou devant votre télé, et qu’une publicité pointe le bout de son nez, réfléchissez-y à deux fois avant de la zapper. Qu’aurait-elle été, si Marcel Bleustein-Blanchet n’avait pas désobéi à son père ?


Simon DEJEAN – Bachelor 2eme année – 2019/2020